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Consommation et électricité 8 min de lecture

Comprendre l’électricité, le chauffage et la consommation d’un logement

Où part l'énergie d'un logement en 2026 : 66 % pour le chauffage et 11 % pour l'eau chaude selon l'ADEME, environ 4 200 kWh d'électricité par an hors chauffage, kWh à 0,2001 € au tarif réglementé depuis août 2026. Les ordres de grandeur pour lire sa facture et agir.

Publié le Mis à jour le

Chaque logement consomme de l’énergie, mais rarement de la même façon : un appartement chauffé au gaz collectif, une maison tout électrique des années 1980 et un logement neuf n’ont ni les mêmes postes de dépense, ni les mêmes marges de manœuvre. Ce guide pose les ordres de grandeur en vigueur en septembre 2026 : où part l’énergie, combien consomme un foyer, ce que coûte le kilowattheure, et sur quoi agir en premier.

Où part l’énergie d’un logement

La répartition établie par l’ADEME est stable d’une année sur l’autre et donne la hiérarchie des priorités :

UsagePart de la consommation d’énergie
Chauffage66 %
Électricité spécifique (appareils, éclairage, multimédia)17 %
Eau chaude sanitaire11 %
Cuisson6 %

Chauffage et eau chaude font donc plus des trois quarts de l’énergie consommée. C’est la première chose à retenir : les gestes sur l’éclairage ou les veilles sont utiles, mais ils portent sur une petite part de la facture. Les vraies économies se jouent sur la façon dont on chauffe et sur ce que le bâtiment laisse s’échapper.

Combien consomme un foyer

Hors chauffage et eau chaude, un foyer français consomme environ 4 200 kWh d’électricité par an. Dès que le chauffage est électrique, la consommation change d’échelle. Les ordres de grandeur ci-dessous sont ceux compilés par Selectra à partir des données ADEME et RTE :

FoyerSans chauffage électriqueAvec chauffage électrique
1 personne~1 700 kWh/an~5 000 kWh/an
2 personnes~3 200 kWh/an~8 500 kWh/an
4 personnes~4 500 kWh/an~12 500 kWh/an
Maison de 100 m²~1 700 kWh/an~11 500 kWh/an

Ces chiffres sont des moyennes. Une maison de 100 m² mal isolée, chauffée par des convecteurs, dépassera facilement 15 000 kWh ; la même maison isolée et équipée d’une pompe à chaleur peut descendre sous 7 000 kWh. Le secteur résidentiel dans son ensemble a consommé environ 143 TWh en 2024, sur 449,2 TWh d’électricité consommés en France (RTE).

Ce que coûte un kilowattheure en 2026

Le tarif réglementé de vente (le « Tarif Bleu » d’EDF) sert de référence, y compris pour les offres de marché qui s’y indexent. Il a bougé deux fois cette année :

DateOption Base 6 kVAHeures pleines / creuses 6 kVAAbonnement annuel 6 kVAÉvolution moyenne
1er février 20260,1940 €/kWh0,2065 € / 0,1579 €187,80 €−0,83 % TTC
1er août 20260,2001 €/kWh0,2142 € / 0,1589 €190,32 €+2,5 % TTC

La baisse de février tenait à la réduction de la contribution tarifaire d’acheminement (de 21,93 % à 15 %), en partie compensée par une accise passée de 29,98 à 30,85 €/MWh. La hausse d’août vient du tarif d’utilisation des réseaux (TURPE, +3,04 % pour la distribution) et du nouveau mécanisme de capacité, pas du marché de gros. Pour un foyer de trois personnes consommant 4 000 kWh en option Base, Hello Watt chiffre l’écart à environ 27 € par an.

Une facture se lit donc en deux lignes : un abonnement fixe qui dépend de la puissance souscrite (en kVA), et une part variable proportionnelle aux kilowattheures. Sur 12 500 kWh, la part variable pèse plus de 90 % du total.

L’électricité : du réseau à vos appareils

L’électricité arrive par le réseau public de distribution, passe par le compteur puis par le tableau électrique, qui répartit le courant entre les circuits (prises, éclairage, chauffage, cuisson). Trois notions suffisent pour s’y retrouver :

  • La puissance souscrite (3, 6, 9 kVA…) fixe le nombre d’appareils que l’on peut faire fonctionner en même temps et le prix de l’abonnement. Un foyer sans chauffage électrique tient en général en 6 kVA.
  • La puissance d’un appareil (en watts) multipliée par sa durée d’usage donne sa consommation (en kWh). Un four de 2 000 W allumé une heure consomme 2 kWh, soit environ 0,40 € au tarif d’août 2026.
  • Les heures creuses ne valent que si l’on peut déplacer des usages (ballon d’eau chaude, lave-linge, recharge d’un véhicule) : le kilowattheure creux coûte 0,1589 € contre 0,2142 € en heures pleines.

Certains foyers produisent une partie de leur électricité avec des panneaux photovoltaïques ; le principe est expliqué dans notre guide Comprendre l’énergie solaire.

Chauffage et eau chaude : le poste qui décide de la facture

Le mode de chauffage détermine à la fois la consommation et son prix. Un convecteur électrique restitue 1 kWh de chaleur pour 1 kWh consommé. Une pompe à chaleur air/eau en restitue en moyenne trois à quatre pour 1 kWh électrique, parce qu’elle puise les calories dans l’air extérieur. Une chaudière gaz à condensation approche 100 % de rendement sur une énergie moins chère au kilowattheure, mais fossile.

Quel que soit l’équipement, la régulation fait la différence. L’ADEME recommande 19 °C dans les pièces à vivre occupées, 16 à 17 °C dans les pièces inoccupées et 22 °C dans la salle de bains pendant son usage. Chaque degré en moins sur la consigne réduit la consommation de chauffage d’environ 7 %. Un thermostat programmable, qui abaisse la température la nuit et en journée d’absence, rend ce réglage automatique.

Pour l’eau chaude, la consigne conseillée est de 55 °C au ballon : suffisante contre les bactéries, sans surchauffer inutilement. Isoler le ballon et les tuyaux qui traversent des pièces non chauffées limite les pertes ; un chauffe-eau thermodynamique divise la consommation par rapport à un ballon à résistance. Nous détaillons ce point dans Chauffe-eau thermodynamique et panneaux solaires.

Le bâtiment et l’isolation

Le meilleur chauffage ne compense pas une enveloppe qui fuit. Dans une maison construite avant 1974 et jamais isolée, le guide ADEME « Isoler sa maison » répartit ainsi les pertes de chaleur :

Paroi ou postePart des déperditions
Toit25 à 30 %
Murs20 à 25 %
Air renouvelé et fuites20 à 25 %
Fenêtres10 à 15 %
Planchers bas7 à 10 %
Ponts thermiques5 à 10 %

L’ordre des travaux découle de ce tableau : les combles d’abord, les murs ensuite, les fenêtres plus tard qu’on ne le pense. L’orientation, l’exposition au vent et le climat local jouent aussi : un logement en zone H1 (nord et est) a des besoins de chauffage nettement supérieurs à un logement du littoral méditerranéen. Le détail des gestes est dans notre guide Efficacité énergétique de la maison.

Les habitudes des occupants

À logement égal, deux foyers peuvent afficher 30 % d’écart de consommation. Les gestes qui comptent, d’après l’ADEME :

  • fermer les volets la nuit en hiver : jusqu’à 60 % de pertes en moins par les fenêtres ;
  • couvrir les casseroles : environ 25 % d’énergie en moins à la cuisson ;
  • couper les veilles et l’éclairage des pièces vides ;
  • éviter les climatiseurs mobiles, qui consomment 2,5 fois plus qu’un climatiseur fixe et près de 30 fois plus qu’un ventilateur.

Ces gestes ne demandent aucun investissement. Ils ne remplacent pas l’isolation, mais ils s’appliquent dès ce soir.

Un exemple chiffré

Prenons une famille de quatre personnes dans une maison chauffée à l’électricité, consommation 12 500 kWh par an, option Base 6 kVA.

  • Facture au tarif d’août 2026 : 12 500 × 0,2001 € = 2 501 €, plus 190,32 € d’abonnement, soit environ 2 690 € TTC par an.
  • Si le chauffage pèse 8 000 kWh de ce total, baisser la consigne de 1 °C économise environ 7 %, soit 560 kWh et 110 € par an.
  • Remplacer les convecteurs par une pompe à chaleur air/eau qui restitue trois fois l’énergie consommée ramènerait ces 8 000 kWh à environ 2 700 kWh : près de 1 060 € d’économie par an sur la seule part chauffage, avant même d’isoler.

Ces montants sont des hypothèses de calcul, pas des promesses : la performance réelle dépend de l’isolation, du climat et du dimensionnement de l’équipement.

Ce qui a changé en 2026

  • Tarif réglementé : −0,83 % en février, +2,5 % en août. Le kilowattheure Base 6 kVA est passé de 0,1940 à 0,2001 €.
  • DPE : depuis le 1er janvier 2026, l’électricité est convertie en énergie primaire avec un coefficient de 1,9 au lieu de 2,3. Environ 850 000 logements chauffés à l’électricité peuvent sortir des classes F et G ; aucun logement ne recule. Un DPE établi depuis le 1er juillet 2021 peut être mis à jour gratuitement, sans visite, sur l’observatoire DPE-Audit de l’ADEME.
  • Aides : MaPrimeRénov’ par geste ne finance plus, en métropole, que les pompes à chaleur air/eau et géothermiques, le raccordement à un réseau de chaleur, la dépose de cuve à fioul et l’audit ; l’isolation seule passe par les primes CEE. Depuis le 1er septembre 2026, la rénovation d’ampleur exclut le maintien d’un chauffage au gaz en maison individuelle. Le détail est dans Introduction à la rénovation énergétique.

Ce qu’il faut retenir

  • Le chauffage fait les deux tiers de la consommation d’énergie d’un logement ; l’eau chaude en fait un dixième. C’est là que se gagnent les euros.
  • Comptez environ 4 200 kWh d’électricité par an hors chauffage, 9 000 à 18 000 kWh avec un chauffage électrique.
  • Au tarif réglementé d’août 2026, chaque kilowattheure vaut 0,2001 € TTC ; 1 000 kWh économisés valent 200 €.
  • 19 °C dans les pièces à vivre, 55 °C au ballon, volets fermés la nuit : trois réglages gratuits.
  • Avant de changer de chauffage, regardez le toit et les murs : ils laissent partir jusqu’à la moitié de la chaleur d’une maison non isolée.
  • Le DPE 2026 a changé de méthode : vérifiez votre étiquette avant de vendre, de louer ou de monter un dossier d’aides.

Questions fréquentes

Quelle est la consommation électrique moyenne d'un logement en France ?

Environ 4 200 kWh par an hors chauffage et eau chaude, d'après les données ADEME et RTE compilées par Selectra. Avec un chauffage électrique, la consommation monte à 9 000-18 000 kWh par an selon la surface et l'isolation : autour de 5 000 kWh pour une personne seule, 12 500 kWh pour quatre personnes.

Quel poste consomme le plus dans une maison ?

Le chauffage, avec 66 % de l'énergie consommée selon l'ADEME. Viennent ensuite l'électricité spécifique des appareils (17 %), l'eau chaude sanitaire (11 %) et la cuisson (6 %). C'est donc sur le chauffage et l'enveloppe du bâtiment que les économies sont les plus importantes.

Combien coûte le kWh d'électricité en 2026 ?

0,2001 € TTC en option Base 6 kVA au tarif réglementé depuis le 1er août 2026, contre 0,1940 € entre février et juillet 2026. En heures pleines/heures creuses, comptez 0,2142 € et 0,1589 €. L'abonnement annuel 6 kVA est de 190,32 €.

Baisser le chauffage de 1 degré, ça change quoi ?

Environ 7 % de consommation de chauffage en moins, selon l'ADEME. Pour une maison chauffée à l'électricité qui consomme 8 000 kWh de chauffage par an, cela représente près de 560 kWh, soit environ 110 € au tarif réglementé d'août 2026.

Qu'est-ce qui a changé sur le DPE en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Les logements chauffés à l'électricité gagnent souvent une classe ; aucun logement ne recule. Un DPE valide peut être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite, sur le site de l'ADEME.

Sources et références

  1. CRE : Évolution des tarifs réglementés de vente d'électricité au 1er février 2026 (communiqué du 20 janvier 2026), consulté le 9 septembre 2026
  2. Kelwatt : Tarif Bleu EDF réglementé au 1er février 2026, consulté le 9 septembre 2026
  3. Fournisseurs-electricite.com : Tarif Bleu : prix du kWh au 1er août 2026 (délibération CRE n° 2026-147), consulté le 9 septembre 2026
  4. Hello Watt : Impact de la hausse des tarifs réglementés d'août 2026, consulté le 9 septembre 2026
  5. Connaissance des Énergies : L'ADEME liste 37 astuces pour réduire vos factures d'énergie (répartition des consommations), consulté le 9 septembre 2026
  6. Selectra : Consommation moyenne d'électricité en France (données ADEME et RTE), consulté le 9 septembre 2026
  7. Ministère de la Transition écologique : Guide ADEME « Isoler sa maison » (répartition des déperditions), consulté le 9 septembre 2026
  8. Qualitel : DPE 2026 : la nouvelle méthode de calcul (coefficient électricité 1,9), consulté le 9 septembre 2026